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Dark web#darknet#law-enforcement#operation-bayonet

AlphaBay et Hansa : le piège qui attendait de l'autre côté

Quand la police a saisi AlphaBay, le plus grand marché du darknet après Silk Road, les acheteurs en fuite ont foncé droit sur Hansa, une boutique rivale déjà contrôlée par les Néerlandais.

Cyber Chronicle2 min de lecture

En 2017, AlphaBay était devenu ce que Silk Road avait été : le plus grand marché du dark web, un bazar tentaculaire de drogues, de données volées et d'armes qui dépassait son prédécesseur de plusieurs longueurs. Derrière le compte admin se trouvait un jeune Canadien, Alexandre Cazes, qui signait ses messages « Alpha02 » puis, plus tard, simplement « admin ».

Une signature dans les en-têtes

Cazes s'est trahi, en partie, par une négligence ordinaire. Les premiers courriels de bienvenue envoyés aux nouveaux utilisateurs d'AlphaBay portaient son adresse Hotmail personnelle dans l'en-tête. À partir de ce fil, des enquêteurs de plusieurs pays ont reconstitué l'identité de l'homme qui dirigeait l'une des vitrines criminelles les plus actives du monde. En juillet 2017, lors d'une opération internationale coordonnée et menée par les États-Unis, AlphaBay s'est éteint. Cazes fut arrêté à Bangkok et, quelques jours plus tard, retrouvé mort dans sa cellule thaïlandaise.

Le marché qui était déjà un piège

Ce que la foule en fuite ignorait, c'est que le refuge le plus évident avait été compromis en premier. Un mois plus tôt, la police nationale néerlandaise avait discrètement pris le contrôle de Hansa, le principal rival d'AlphaBay, et l'avait maintenu en activité comme honeypot. Quand AlphaBay s'est effondré, des dizaines de milliers d'acheteurs et de vendeurs désorientés se sont rués sur Hansa — droit dans un marché dont chaque connexion, chaque message et chaque adresse était désormais enregistré par la police. L'opération Bayonet avait transformé la migration elle-même en preuve.

Ce dont la chronique se souvient

La leçon de Bayonet, c'est la patience. Plutôt que de saisir les deux marchés en même temps, les enquêteurs en ont laissé un tomber bruyamment et ont fait tourner l'autre en silence, récoltant la panique. Le démantèlement devenait un théâtre avec un second acte caché — et le darknet apprit que la porte qui semble la plus sûre est peut-être celle que la police tient ouverte.

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