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#histoire#espionnage#premier

L’Œuf du coucou

Un écart comptable de 75 cents a conduit un astronome devenu administrateur système à démasquer un hacker qui vendait des données militaires américaines au KGB.

Cyber Chronicle2 min de lecture

En 1986, Clifford Stoll, un astronome travaillant comme administrateur système au Lawrence Berkeley National Laboratory, est chargé de résoudre un écart de soixante-quinze cents dans le système de comptabilité informatique du laboratoire. La plupart des gens auraient passé l’éponge. Stoll l’a traité comme un fil, et a tiré dessus.

Suivre le fil

L’écart se révèle être un utilisateur non autorisé sans compte de facturation. Plutôt que de verrouiller l’intrus, Stoll fait quelque chose alors presque inédit : il laisse la porte ouverte, instrumente le système avec des imprimantes et des pagers, et observe. Sur plusieurs mois, il documente un attaquant utilisant Berkeley comme relais pour sonder des réseaux militaires et de sous-traitants de défense américains à travers MILNET — méthodiquement, patiemment, en quête de documents sur des systèmes stratégiques.

Faire en sorte qu’une institution s’en soucie est le problème le plus difficile. Le FBI, la CIA, la NSA et l’OSI de l’Air Force disent chacun à Stoll, en substance, que l’affaire relève de la juridiction d’un autre. Pour produire des preuves, il finit par monter un faux trésor de documents « SDInet » afin de garder l’attaquant en ligne assez longtemps pour être tracé. La piste mène à Markus Hess, un hacker de Hanovre, en Allemagne de l’Ouest, qui vendait le matériel volé au KGB soviétique.

Ce que la chronique retient

L’Œuf du coucou est le premier récit minutieusement documenté de cyber-espionnage commandité par un État, rédigé par Stoll d’abord comme article académique puis comme livre à succès. Il a établi le modèle de presque tout ce qui a suivi : des adversaires patients, des institutions indifférentes, la valeur de la journalisation, et la découverte récurrente que la petite anomalie que personne n’a pris la peine d’expliquer était toute l’histoire.