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#courtage-de-données#facebook#élections

Cambridge Analytica

Le quiz de personnalité d’un professeur de psychologie a moissonné 87 millions de profils Facebook. Un cabinet de conseil les a utilisés pour micro-cibler deux séismes politiques.

Cyber Chronicle2 min de lecture

En 2014, un chercheur en psychologie de Cambridge, Aleksandr Kogan, met au point une application appelée « thisisyourdigitallife ». Elle ressemble à un petit projet académique : faites un quiz de personnalité, partagez votre profil Facebook, recevez un profil en retour.

Les 87 millions

Le quiz attire environ 270 000 participants. Sous l’API Facebook de l’époque, cela suffit aussi à aspirer les données des amis de chaque participant — environ 87 millions de personnes au total, dont l’écrasante majorité n’a jamais entendu parler de l’application.

Kogan remet le jeu de données à Cambridge Analytica, un cabinet de conseil basé à Londres, cofondé par Steve Bannon et financé par la famille américaine du fonds spéculatif de Robert Mercer. Le cabinet vend du micro-ciblage « psychographique » : utiliser vos traces numériques pour modéliser votre personnalité et vous servir des publicités politiques calibrées sur vos leviers psychologiques.

Deux élections, un lanceur d’alerte

Cambridge Analytica est mandaté par la campagne pro-Brexit Leave.EU et par l’opération Trump de 2016. La part réelle de la psychographie dans le résultat fait encore débat. Ce qui ne fait pas débat, c’est l’existence des données. Christopher Wylie, un ancien employé de Cambridge Analytica, débarque en 2018 dans les bureaux de l’Observer avec les contrats, les chemins de fichier et les factures.

Ce que la chronique retient

L’histoire Cambridge Analytica parle moins de piratage que de consentement. Les données n’ont pas été volées au sens technique. Elles ont été données par les utilisateurs à Facebook, puis données par Facebook, dans les termes d’une API documentée en anglais ordinaire, à quiconque construisait une application comme celle de Kogan. Le scandale a révélé que l’infrastructure des plateformes sociales modernes était discrètement perméable depuis le début.